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À vingt kilomètres d’Oulan-Oudé, là où la route de Bargouzine attaque brusquement sa montée raide vers le col, une ancienne route forestière part à gauche dans un vallon. Au début de l’hiver, les grappes rouges des sorbiers y brûlent souvent sur les pentes. Une source qui ne gèle pas se fraye un passage entre les congères. Autour d’elle, les branches givrées des buissons brillent de pierres précieuses dans les rayons du soleil qui se lève derrière la crête.

La trace de ski passe près des bouleaux penchés, songeurs, et des pins de Sibérie à la ramure épaisse. À gauche, dans les trembles, les pyramides grises des rochers apparaissent un instant, puis une vaste clairière s’ouvre après un tournant. Un sommet est tout proche. En y montant, on entre comme dans un autre monde.

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Les tempêtes de neige y font souvent rage et les arbres portent des manteaux blancs étincelant au soleil. Comme brodés sur une nappe immaculée, les petites croix des traces de grand tétras et les zigzags compliqués des lièvres se dispersent. Voici sur la neige une double ligne de perles, avec un trait au milieu : la trace d’une queue. Les habitants sauvages ont eux-mêmes signé la neige, chacun de son écriture particulière.

Si l’on sait lire ces signes mystérieux, on apprend bien des secrets des bêtes. Une forêt épaisse se dresse sur le chemin, comme enchantée. Sur les arbres, la neige forme tantôt une couverture continue, tantôt un bonnet, tantôt un amas compliqué. Il fait bon dans la forêt d’hiver.

La journée s’achève vite, le soleil disparaît, les ombres bleues du soir tombent sur le sentier. Une fois chez vous, les images féeriques de cette forêt vous habiteront longtemps, et vous rêverez de les retrouver dès votre prochain jour de repos.