Aujourd’hui, ma sœur vit au Canada. Un océan et des milliers de kilomètres nous séparent, mais la distance peut-elle affaiblir ce qui s’est construit pendant des décennies ?

Vivre sur un autre continent met le caractère à l’épreuve, ainsi que cette force intérieure que nous avons acquise en écoutant les récits de nos aînés.

Ouliana et moi au Burj Khalifa en juillet 2024

Ouliana n’est pas seulement un nom dans notre arbre généalogique. Elle prolonge notre histoire familiale au-delà des frontières familières. En regardant son parcours, je ressens le lien invisible qui nous unit, où que nous soyons. La parenté ne demande pas de partager une pièce : elle réside dans les valeurs communes, les souvenirs de la maison et la fierté de porter notre nom.

Ma sœur Ouliana et moi posons devant des ailes d’oiseau à la tour Burj Khalifa.

Les distances s’effacent lorsque l’on partage les mêmes racines. Pour moi, Ouliana restera cette personne proche avec laquelle j’ai commencé mon chemin dans ce monde vaste et complexe.

Notre histoire commune s’est forgée dans un petit appartement d’une seule pièce, avenue du Cinquantenaire d’Octobre à Oulan-Oudé, et dans l’effervescence de l’atelier de notre père, l’écrivain de science-fiction et artiste Iouri Nevski.

Ouliana et notre père, Iouri Nevski

Notre enfance suivait le rythme de l’agence publicitaire familiale RekA, le bruit des premiers traceurs et la vie du salon d’art de la rue Lénine, dirigé par notre père.

En respirant l’odeur de la peinture fraîche et en voyant les idées prendre forme, nous avons acquis cette manière familiale de façonner la vie et de voir une structure là où d’autres voient le vide.

Aujourd’hui, un océan nous sépare, mais l’enseignement de notre père et sa passion de créer restent en chacun de nous. Ils nous ont appris l’essentiel : le monde appartient à ceux qui savent le créer.